jeudi 5 mai 2016

Il était une critique... Un homme à la hauteur




Un homme à la hauteur

France, 2016
Réalisation : Laurent Tirard
Interprétation : Jean Dujardin, Virginie Efira
Scénario : Laurent Tirard et Grégoire Vigneron
D’après : Corazón de León de Marcos Carnevale, film de 2014
Image : Jérôme Alméras
Montage : Valérie Deseine
Décors : Françoise Dupertuis
Producteurs : Sidonie Dumas et Vanessa van Zuylen
Distribution : Gaumont
Durée : 98 minutes
Sortie : 4 mai 2016





    Je dois vous dire : hier soir quand je suis allée au cinéma, je crois que je suis tombée dans un trou noir. Pour me dédouaner, je pourrais dire que j’avais envie de rire, alors j’ai choisi une comédie. Visiblement pas la bonne. Comme vous avez pu le constater, peut-être, j’essaie toujours de voir le meilleur dans tout ce sur quoi j’écris. Là, je suis confuse. Je ne sais ni par quoi commencer ni par quoi terminer. C’est comme si j’avais passé cinq heures dans une salle obscure alors que le film dure une heure trente environ. Enfin, passons à la critique…

    En bref, une avocate, Diane, rencontre un homme de petite taille, Alexandre. Tout fonctionne jusqu’à ce que ce dernier fasse comprendre à Diane qu’il attend plus de leur relation (mais celle-ci n’est pas tout à fait prête à vivre avec le regard des autres).

    Je ne vais pas blâmer le réalisateur et auteur pour la simple et bonne raison qu’il a réadapté un film datant de 2014 qui n’avait pas connu sa sortie en France. Par contre il aurait pu améliorer (de très loin) le scénario… Je veux bien être gentille, mais les blagues lourdes (trop pour être honnête), ça casse le film (alors qu’il n’est déjà pas très bon). Je n’avais qu’une envie, sortir de la salle. Le temps s’est allongé et j’ai failli m’endormir une ou deux fois – je suis fatiguée, j’admets, mais il y a aussi le manque de dynamisme du schmilblick qui m’a encouragée a piquer du nez (quoique je n’ai pas dormi hein, je me suis forcée à rester éveillée pour vous) ! Les blagues sur les nazis et les blondes, la petitesse… Je comprends, mais balancez deux fois la même vanne et ça ne marche plus. Petit point positif (parce que ce film a tout de même un point moins faible que les autres selon moi) : il y a des moments où l’on a de véritables dialogues qui permettent de réfléchir à ce que ressent une personne différente, ou bien encore ce que ressent l’entourage d’une personne différente (oui, on réfléchit ! cinq minutes en tout mais c’est quand même ça).

    La trame pourrait être sympa… pour une chaîne TV qui diffuse le soir à 20H50 (et encore je suis gentille). L’histoire est cousue de fil blanc : quand vous avez vu la moitié du film, vous connaissez déjà son dénouement. On s’ennuie rapidement dans ce genre de projection : mis à part des dépressifs (je n’ai rien contre eux) qui se forcent à rire pour se remonter le moral, ce n’est pas aussi tordant que Bienvenue chez les Ch’tis. Les deux parties du film (oui, j’en compte deux) ne sont pas assez liées entre elles, enfin si mais la transition est fortement marquée (après, c’est peut-être un désir du réalisateur, je ne sais pas).

    Les plans sont variés ce qui permet de situer parfaitement ou presque le lieu dans lequel se déroule l’histoire : grâce à quelques prises de vues aériennes, on saisit la grandeur de certains endroits (devinez lesquels si vous regardez – par le plus grand des malheurs – ce film). Cette variété permet aussi de saisir l’intériorité des personnages : des plans sur un miroir, puis sur Diane, puis sur un tabouret, et encore le miroir. On voit ici la peur que Diane éprouve à sortir avec quelqu’un de différent : un homme de petite taille.

    Le jeu d’acteur est bon, que ce soit Virginie Efira ou encore Jean Dujardin, chacun est dans son rôle. Les séquences « émotions » vous font ressentir quelque chose mais noyé dans une masse de blagues pas drôles, on ne s’y arrête que quelques instants.

    Les astuces de tournage sont nombreuses (attention deuxième point positif) et plutôt sympathiques. Les cadrages épaules pour montrer la petitesse du personnage d’Alexandre sont bien trouvés, il y a quelques passages sur fond vert (je l’ai lu dans un article, mais cela semble logique après tout) et éloigner le personnage d’Alexandre dans le plan est une bonne idée. On retiendra tout de même que les trucages pour réduire la taille de Jean Dujardin sont trop visibles.

     Pour terminer : Un homme à la hauteur est un film qui peut être regardé (si on n’a que ça à faire et que l'on est prêt à se faire un navet de première classe MAIS avec de bons acteurs). Un point que je salue (pour être sympa) : le jeu des comédiens. Pour le reste, je vous laisse juges…Ce film aurait dû rester là où il était, c'est-à-dire loin des salles de cinéma, car il ne fera avancer ni la situation des gens de petite taille (ni le cinéma à vrai dire).

    Ah, la seule running joke utile (et encore) ? Celle du chien… parce que c’est vraiment drôle.



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