mardi 28 juin 2016

Rencontre avec Simon G. (futur) texture artist


    Il y a un petit moment maintenant, j’ai revu un ancien camarade d’école (oui, je sais, on va me prendre pour une vieille) et ceci par hasard. Enfin par hasard, pas tout à fait en fait, on avait quand même convenu d’un rendez-vous pour que je puisse lui poser quelques questions… à propos non pas du cinéma « classique » mais du cinéma d’animation (oui, les films du type Le monde de Dory, Frozen, ou encore L’âge de glace). Il termine ses études cette année et se destine, de préférence, au métier de texture artist. Késako ? Les réponses tout de suite.

                À propos de Simon
    C’est un (beau) jeune homme qui a une moustache et qui est très gentil. Trèves de plaisanteries, Simon a passé un baccalauréat littéraire (les lettreux vont régner sur le monde un jour, je vous le dis) dans une bourgade un peu perdue (no offense, j’habite à quinze bornes de là, dans un village encore plus petit) du nom de Mortagne au Perche. Arrivée à paris en 2011 dans une école d’art digital pour Simon. Aujourd’hui, il se consacre beaucoup à ses études (c’est bientôt la fin donc il en profite, et on le comprend) et a pratiqué la photographie – même si à l’heure actuelle il s’est malheureusement fait dérober son matos. Entrons dans le vif du sujet…

Dans l’imaginaire collectif
    Le texture artist ? Késako ? Ca existe vraiment cette bête curieuse au nom intraduisible en français ? Vous l’aurez compris, le job de texture artist est quasiment inconnu du grand public. Quand on m’a dit que j’avais la possibilité de rencontrer quelqu’un pour me parler de ce job, j’étais dubitative. Un peu comme si on m’avait fait une farce mais qu’en fait pas du tout. Ce métier existe ! Et ceci tout comme une flopée d’autres postes dans le cinéma, ou cinéma d’animation dont on ignore l’existance.

En réalité
    Donc, le texture artist… Il  peint de la texture sur un objet 3D, tout simplement. Enfin en théorie, parce qu’en pratique, ce n’est pas la même chose – et tout se fait sur PC, rassurez-vous. Mais avant d’aller plus loin dans le sujet, je pense qu’il vaut mieux évoquer les différentes étapes de réalisation d’un film d’animation (corrigez-moi si j’oublie un truc, et pardon pour les noms en anglais, mais c’est intraduisible en français – vraiment).

    On commence avec le modeling, puis on passe au rigging qui a lieu en même temps que le texturing qui s’effectue généralement avec le logiciel MARI et permet de peindre sans reflets. Ensuite les animateurs donnent vie aux personnages et c’est l’étape du lightning. Après, les shaders font leur job par rapport aux matériaux. (Googlez tout ça pour plus d’infos, je ne suis pas encore assez calée sur le sujet des lights ou de la crospolarisation).

    Le rôle du texture artist, vous le connaissez, il intervient très tôt dans la réalisation d’un film. Comme les autres professionnels du cinéma que j’ai pu rencontrer m’ont tous ou presque dit que c’était un travail d’équipe, je me suis demandée si ce job là, de texturiser des objets était un travail d’équipe. Visiblement ce n’est pas le cas même s’il y a un « intérêt à faire passer ça dans d’autres mains ».

    En termes de durée, la réalisation d’un film d’animation est plus longue que celle d’un film classique. Le film d’animation se prépare en trois ans (et ceci avec des équipes plutôt conséquentes). Il faut que le département des effets spéciaux (explosions etc.) puisse aussi faire son travail. Après, c’est à peu près similaire à ce qui se passe pour un film classique : mise en voix des personnages, son, présence d’un réalisateur…

    Je vous entend de loin : que faire comme études ? Là, j’ai envie de vous dire : faites vous plaisir, les études selon Simon, ce n’est pas vraiment obligatoire, on peut très bien être autodidacte. En plus, malgré un aspect technique, il avouera tout de même que c’est un métier qui a tendance à être artistique.


    Pour le coup, ce n’est pas un article de rencontre « conventionnel », je vous l’accorde, mais j’aurais sûrement un volume deux qui sortira à propos des fameux jobs du cinéma d’animation dans quelques temps.

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