mardi 5 juillet 2016

Il était une critique... Elle


Elle


France / Allemagne, 2016
Réalisation : Paul Verhoeven
Interprétation : Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira
Scénario : David Birke
D’après : Oh…, de Philippe Djian
Image : Stéphane Fontaine
Montage : Job ter Burg
Décors : Laurent Ott
Producteurs : Saïd Ben Saïd et Michel Merkt
Distribution : SBS Distribution
Durée : 130 minutes
Sortie : 25 mai 2016


    Très longtemps après sa sortie, je me suis tout de même décidée à aller voir le dernier film de Verhoeven : Elle. Adapté d’un roman de Philippe Djian (que je vais lire très prochainement d’ailleurs), ce film m’a laissée perplexe. Sur plusieurs points, notamment concernant l’histoire qui est portée à l’écran…

    Sur le talent de réalisateur de Verhoeven, je n’ai rien à dire, c’est un grand maître à mes yeux et peu de cinéastes lui arrivent à la cheville (du moins selon moi). Mais l’histoire, même si elle est tirée d’un roman, me laisse un arrière goût étrange. Je ne comprends pas bien la réaction du personnage principal qui (je ne vous apprend rien) se fait violer par un inconnu. Autre point qui aurait mérité plus de détails : son background familial qui est très sombre alors qu’il pourrait permettre de mieux comprendre ses réactions. Elles sont imprévisibles et très peu compréhensibles, ce que je regrette dans ce film qui est tout de même très bien mené. On se demande en tant que spectateur si on n’est pas là face à une femme surhumaine qui pourrait résister à un tsunami (émotionnellement parlant ou même physiquement). Beaucoup de faits sont laissés là pour le spectateur et c’est à lui de s’en saisir pour essayer d’apprivoiser le film et ce qui se passe dans ce dernier.

    Pendant toute la séance je me suis demandée « et après ? ». Ce film a le pouvoir de vous tenir en haleine jusqu’à la fin. C’est quelque chose que je salue. La psychologie du personnage principal (bien que nous ne puissions pas analyser grand chose car un professeur m’a dit : « le personnage n’a de psychologie que ce que le réalisateur nous montre ») est très difficile à saisir ce qui rend difficile le rapprochement entre le spectateur et ce que ressent le personnage d’Isabelle Huppert. On se sent comme déconnecté quand on est dans la salle car on ne sait pas trop si sa réaction est normale. Elle annonce qu’elle s’est faite violer à table, comme ça, sans préavis ni rien – et ça me choque. Certes, beaucoup de femmes gardent le secret quand il leur arrive un truc pareil mais là, on est très proche du personnage sans sentiments ni émotions. C’est dommage.

    Cela dit, Verhoeven pousse à son paroxysme – et presque jusqu’au ridicule – la situation de cette femme qui souffre d’un choc post-traumatique bizarre. Elle flirte volontairement avec le danger pour comprendre la psychologie de son voisin (qui vous le verrez a une certaine importance dans le bazar). Les tons sont très froids dans cette réalisation ce qui permet de mieux situer le rôle joué par Isabelle Huppert qui offre une performance géniale.

    Je ne saurais que dire d’autre mis à part vous conseiller ce film. Peut-être que vous aurez une vision de l’œuvre qui m’éclairera (et  si oui, n’hésitez pas à la mettre en commentaire de cet article).

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