dimanche 20 novembre 2016

Si c’est un homme – Primo Lévi, un témoignage surprenant


    Il y a quelques mois, je replongeais dans un ouvrage que j’avais déjà approché plusieurs années auparavant. Ce livre que j’avais choisi dans ma bibliothèque était celui de Primo Lévi. Après avoir retourné le livre plusieurs fois, en me disant que je l’avais déjà lu et que mon expérience de lecture serait biaisée, je me suis décidée pour une relecture plus attentive et j’ai saisi des éléments qui m’avaient échappés lors e ma première lecture.

    Pour ceux qui l’ignorent, le livre Si c’est un homme, de Primo Lévi, a été écrit entre décembre 1945 et janvier 1947. Ce livre, tout d’abord ignoré lors de sa première publication, est devenu important lors de sa deuxième publication, après que le texte ait été élargi. Pourquoi vous parler du témoignage d’un rescapé d’Auschwitz ? Pour la simple et bonne raison que ce témoignage est poignant par bien des aspects mais qu’il est encore plus surprenant que ce à quoi on pourrait s’attendre.

    Les éléments historiques et personnels qui sont évoqués dans ce livre permettent de mettre en perspective la vie dans les camps lors de la Seconde Guerre Mondiale et donnent des indications réalistes (tout cela est lié au pacte de lecture : l’auteur écrit quelque chose et il est naturel pour le lecteur de le percevoir comme étant la vérité). Les descriptions sont là, sans fards, et s’imposent au lecteur qui tente de reconstituer dans son esprit une image mentale de ce qu’il est en train de lire. Mais le plus surprenant n’est pas là. La chose qui m’a vraiment surprise, c’est l’absence de haine, de jugement. Pas une seule trace d’hostilité envers les allemands nazis à travers cet ouvrage et c’est ce que j’ai trouvé magnifique. La vie de Primo Lévi dans un camp l’a changé, très certainement, mais il a eu assez d’intelligence pour prendre du recul dans son livre et ne pas noyer ses geôliers sous les injures et la colère.

    C’est pour cette raison que je vous recommande chaudement de lire cet ouvrage. Pas forcément au coin du feu avec un plaid sur les pieds, ça pourrait être mal venu. Mais plutôt en terrasse d’un café, dans le métro, partout où vous voudrez. Tout ce que j’espère, c’est que ce texte vous procurera autant de surprises qu’à moi.

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